Le Quatuor Varèse avec Stéphanos Thomopoulos et Emmanuel François au Festival des Quatuors à Cordes en pays de FayencePublié le 13 septembre 2019 à 09:00

Le Quatuor Varèse avec Stéphanos Thomopoulos et Emmanuel François au Festival des Quatuors à Cordes en pays de Fayence

Événement majeur de la vie culturelle régionale porté par les neuf communes du Pays de Fayence, le festival de quatuor à cordes est né en 1989 de la volonté des élus, en association avec le Conseil départemental, de programmer un événement culturel de dimension internationale.  Les plus grands quatuors se baladent de village en village profitant des très belles acoustiques églises qui ornent les villages perchées du Pays de Fayence, dont certaines sont classées aux Monuments historiques.  Chaque village porte le festival organisé par la communauté de communes.

Depuis sa création, plus de 90 quatuors ont été invités, plus de deux cents œuvres ont été interprétées et plus de 70 compositeurs célébrés. On assiste à un engouement certain des étrangers, résidents ou non en France, mais aussi du public régional qui aime prendre le temps de profiter des richesses naturelles du Pays de Fayence. En marge de concerts exceptionnels privilégiant les rencontres avec les musiciens, le public découvre un ensemble architectural remarquable et un site naturel préservé, très apprécié en son temps par le couturier Christian Dior, ancien propriétaire du château de la Colle Noire sur la commune de Montauroux. Le Festival de Quatuors à Cordes en Pays de Fayence a acquis un degré de notoriété qui le place parmi les grands festivals européens de musique de chambre grâce à la qualité et à la renommée internationale des quatuors qui  y sont invités.

A l’occasion de la sortie de leur CD consacré à Beethoven, Stéphanos Thomopoulos, le Quatuor Varèse et Emmanuel François interprèteront le Concerto n°4 en sol majeur Op.58 de L.V Beethoven. Ce disque a été pensé pour rendre hommage au compositeur viennois dont on commémorera en 2020 le 250ème anniversaire. Le programme de ce concert présente donc le concerto n°4 dans une version rare, que le public n’a sans doute pas encore écoutées, une version de chambre authentique, retravaillée par Beethoven lui-même et redécouverte il y a une vingtaine d’années par le musicologue Hans-Werner Küthen. Cette version de chambre a été écrite fin 1807 après la création de la version origiale, lors d’une repréentation au palais viennois du prince Franz Joseph Maximilian Lobkovicz, mécène et bienfaiteur de Beethoven. C’est probablement sous son ordre que le concerto a été réduit à deux violons, deux altos et un violoncelle, afin de permettre au prince d’exécuter luimême les passages au violon. Cette «traduction», telle que Beethoven la nommait, réservées aux représentations musicales des chapelles princières, fait partie de ces oeuvres précieuses ayant été privées d’un large public regrette Eduard Hanslick dans la célèvre Geschichte des Concertwesens in Wien en 1869. Elle n’a jamais ainsi été imprimée, les sources sont uniquement manuscrites. C’est Beethoven lui-même qui a pris soin de satisfaire la demande du prince. Il confia la transcription et l’accompagnement orchestral à Franz Alexander Pässinger (1767-1827) arrangeur viennois de renom, premier violon de l’orchestre de la cour, tandis qu’il révisa, lui, 131 mesures exigeant la plus grande virtuosité. 80 points de changnement des plus techniques ont alors été adaptés à la transparence que demande la musique de chambre, sans pour autant occulter la structure de la version originale.

Béla Bartók écrit son deuxième quatuor entre 1915 et 1917, à Radoskereztur, près de huit ans après la composition de son premier. L’oeuvre est dédiée au quatuor Waldbauer-Kerpely qui le crée le 3 mars 1918 à Budapest. Sa première édition date de 1920. Le compositeur a considérablement gagné en maturité, mais il assiste aussi au lent embrasement de l’Europe et écrit dans une période troublée de sa vie. La structure du quatuor s’en ressent qui encadre un mouvement très agité par deu mouvements lents. Selon Kodály, une joie sereine, des gestes forts et barbares à la manière d’une danse folklorique ainsi qu’une tristesse profonde, caractérisent les trois mouvements du Quatuor à cordes n°2.

Crisentemi occupe une place particulière dans l’oeuvre de Puccini plus connu pour ses opéras. Selon la légende,cette courte pièce aurait été écrite en une nuit, en 1890, le jour de la mort du Duc de Savoie. L’écriture est délicate et romantique autour du thème de la mort que l’on retrouvera trois ans plus tard dans l’opéra Manon Lescaut, lors du duo amoureux à la prison du Havre, puis pour accompagner la mort de Manon.