Beethoven - Concerto N° 4 Version de Chambre / Quatuor avec piano opus 16

Beethoven - Concerto N° 4 Version de Chambre / Quatuor avec piano opus 16

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  • Présentation

    Beethoven est le compositeur que l’on connait tous, que l’on a écouté au moins une fois dans sa vie, parfois même sans le savoir.

    Son nom et son œuvre sont présents partout. Son nom et son œuvre ont été repris par tous.
    D’ailleurs, en hommage et à l’approche des 250 ans du compositeur, ce disque propose de réécouter l’une de ses œuvres les plus aimées : le Concerto n°4 Op. 58.

    Ce disque est pourtant différent.
    Il vous présente cette oeuvre dans une version rare, une version que vous n’avez encore sans doute jamais écoutée, une version de chambre authentique, retravaillée par Beethoven lui-même et redécouverte il y a une vingtaine d’années par le musicologue Hans-Werner Küthen.
    Vous avez connu le Concerto dans sa version orchestrale, laissez-vous désormais porter par celle-ci, plus intimiste, qui vous révèlera des détails, des notes, un jeu et des émotions nouveaux.

    Le disque est également complété de l’Opus 16, dans une transcription originale du compositeur. Initialement composé pour piano, clarinette, hautbois, cor et basson, il a été aussitôt arrangé par Beethoven en un quatuor avec piano et cordes, une formation pour lors plus populaire.

    Jusqu’à présent inconnu, la découverte du Concerto n°4 dans sa version de chambre a permis de résoudreune vieille énigme. Elle remonte à la fin du printemps 1807, peu après la création de la version originale del’oeuvre, lors d’une représentation au palais viennois du prince Franz Joseph Maximilian Lobkovicz, mécène etbienfaiteur de Beethoven. C’est probablement sur ordre de celui-ci, dont la bibliothèque musicale reflète unepassion pour les quintettes à cordes, que la partition pour orchestre a été remplacée et réduite à deux violons, deuxaltos et un violoncelle, afin de permettre au prince d’exécuter lui-même les passages au violon.
    Cette « traduction », telle que Beethoven la nommait, réservée aux représentations musicales des chapelles princières, fait partie de ces oeuvres précieuses ayant été privées d’un large public, regrette Eduard Hanslick dans la célèbre Geschichte des Concertwesens in Wien (Vienne 1869, première partie, p. 44). Elle n’a ainsi jamais été imprimée, puisqu’elle n’était pas destinée à la publication, et nous n’en disposons donc que de sources manuscrites.

    C’est Beethoven lui-même qui prit soin de satisfaire la demande de Lobkovicz. Il confia la transcriptionde l’accompagnement orchestral à Franz Alexander Pössinger (1767-1827), arrangeur viennois de renom, premier violon de l’orchestre de la cour, tandis qu’il révisa, lui, 131 mesures exigeant la plus grande virtuosité. 80 points de changement des plus techniques ont alors été adaptés à la transparence que demande la musique de chambre, sans pour autant occulter la structure de la version originale.
    Au contraire, de nouvelles modifications de temps (ritardando – a tempo) seront, par la suite, ajoutés à la versionpour concerto, en août 1808.
    Au début du développement piano, le motif principal pour la main gauche a été mis en relief, dans les mesures 193-194, de façon surprenante : quatre mesures d’octaves forte, en rythme syncopé en ré, sont reprises un demi-ton plus bas, dévoilant avec force le germe du motif et menant cette transfiguration vers un évanescent pianissimo. Ces brillantes modifications justifient à elles seules l’arrangement.
    Aucune modification n’a été apportée au passage solo du deuxième mouvement, car la version originale avait déjàété réduite à cinq cordes, ne nécessitant donc aucun arrangement. Seul l’alto a été doublé pour donner à la version de chambre un timbre comparable à la sonorité de l’original.
    Le mouvement final a, quant à lui, fait l’objet de nombreux et étonnants changements.

    Beethoven avait esquissé, dans une copie, les contours de ceux qui constitueront le Stichvorlage (source A, Vienne, Gesellschaft der Musikfreunde, étagère n°A 82 b) pour l’édition originale de la version concerto. Il avait écrit ces changements avec deux encres différentes, en deux phases, ce qui a permis, en les comparant aux encres utilisées sur des courriers, de dater l’arrangementà fin avril-début mai 1807, soit plus d’un an avant lapublication de la version originale d’août 1808. Il est donc fort probable que toutes les inscriptions complémentaires venant de cette source A aient également été apportées avant la publication, révélant ainsi l’identité du véritable arrangeur de la version de chambre : Franz Alexander Pössinger. Son nom y apparaît même à la dernière page (« Clav. Donc. Pöss. 2 zu senden »), noté verticalement dans la marge par la maison d’édition, indiquant que le second mouvement doit être remis à Pössingerafin d’intégrer son arrangement entre les deux autresmouvements. Cette partition et celle des passages solo ont été perdue, mais ont subsisté toutefois douze pages calligraphiées, grand format, de chacune des parties àcinq cordes, qui ont été identifiées au départementmusical de la Staatsbibliothek Preussischer Kulturbesitz de Berlin.
    Pössinger les avait préparées pour la collection de Lobkovicz, à l’aide de Wenzel Rampl (1783-après 1830), copiste employé par le prince depuis 1799.

    La comparaison avec les partitions de Rampl aaussi permis d’identifier les cinq N[ota] b[ene] du premiermouvement de la source A, qui révèlent le soin pris par Beethoven à traduire, dans les moindres nuances, les caractéristiques des instruments à cordes de l’orchestre aux travers du violon, de l’alto et du violoncelle de l’ensemble réduit.
    Parmi les mentions Nb, une intervention dans la partiepiano a également été effectuée par Beethoven, à coup de crayon rouge, à la mesure 278 du premier mouvement. Cela démontre qu’il a contribué à l’arrangement des parties aussi bien pour quintette que pour piano. Sesmodifications apportées aux passages solo complètentalors les corrections de Pössinger.

    La collaboration exemplaire entre le compositeur et son arrangeur garantissent ainsi toute l’authenticité de la version de chambre de l’Opus 58.

Extrait